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La kinésithérapie évolue en Belgique : les nouveautés 2026

La kinésithérapie évolue en Belgique. À partir de 2026, deux changements importants entrent progressivement en vigueur : la reconnaissance du suivi à distance et l’ouverture progressive de l’accès direct au kinésithérapeute pour certaines plaintes légères.
 
L’objectif est clair : faciliter l’accès aux soins, réduire les délais de prise en charge et permettre aux patients souffrant de symptômes simples de consulter plus rapidement, sans pour autant supprimer le rôle du médecin, du dentiste ou de la prescription dans les situations plus spécifiques.

La téléconsultation en kinésithérapie

Le suivi à distance par vidéo est désormais davantage reconnu dans le parcours de soins. Dans les conditions prévues par la réglementation, une séance réalisée à distance peut donner lieu à un remboursement, avec un fonctionnement proche d’une séance classique en présentiel.
La téléconsultation peut être utile pour certains suivis, par exemple lorsqu’il s’agit de contrôler l’évolution d’un exercice, d’adapter un programme de rééducation ou d’assurer une continuité de prise en charge lorsque le patient ne peut pas se déplacer.
Elle ne remplace cependant pas toutes les séances. Certaines situations nécessitent toujours un examen physique, un travail manuel, une évaluation précise de la mobilité ou une prise en charge en cabinet.

Un accès direct pour certaines plaintes légères

Autre évolution importante : l’accès direct à la kinésithérapie. Pour certaines plaintes bénignes, principalement dans le domaine musculo-squelettique, il deviendra progressivement possible de consulter un kinésithérapeute sans passer d’abord par une prescription médicale.

Cela concerne notamment des symptômes fréquents comme certaines douleurs lombaires, tensions musculaires ou gênes fonctionnelles simples. L’idée est de permettre une prise en charge plus rapide lorsque la situation ne présente pas de signe de gravité évident.
Selon les orientations communiquées par AXXON, l’accès direct devrait d’abord être limité au domaine musculo-squelettique, avec un cadre précis et un nombre limité de séances par situation pathologique. La collaboration avec le médecin traitant reste considérée comme essentielle afin d’éviter une prise en charge fragmentée.  

La prescription n’est pas supprimée

Il est important de ne pas mal interpréter cette réforme : la prescription ne disparaît pas.
 
Pour de nombreuses situations, elle reste nécessaire au remboursement. C’est notamment le cas pour les prises en charge plus complexes, prolongées, post-opératoires, neurologiques, chroniques ou spécialisées. Dans le cadre de la sphère maxillo-faciale — douleurs de mâchoire, troubles de l’articulation temporo-mandibulaire, bruxisme, tensions oro-faciales, suites de chirurgie ou de soins dentaires — la prescription d’un médecin ou d’un dentiste reste donc un élément central du remboursement.
La Mutualité chrétienne rappelle d’ailleurs qu’une prescription médicale ou dentaire est nécessaire pour pouvoir attester des prestations remboursables de kinésithérapie.
 

Un déploiement progressif

Cette évolution se met en place par étapes. L’accès direct concernera d’abord les symptômes légers, avant une éventuelle extension à d’autres situations. Le cadre réglementaire, les conditions de formation des kinésithérapeutes concernés et les modalités de remboursement doivent être précisés progressivement.
En pratique, cela signifie que le patient pourra bénéficier de plus de souplesse dans certaines situations simples, tout en conservant un parcours médical structuré lorsque la situation l’exige.
Chez IASO, cette évolution s’inscrit pleinement dans notre vision : permettre un accès plus fluide aux soins, tout en maintenant une coordination rigoureuse entre les différents professionnels de santé.
 
Rédigé par Christophe Delfosse, kinésithérapeute chez IASO.